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Élégance tourbillonnante : la maîtrise artistique du style Kutani Aochibu

Découvrez l'art derrière les motifs élégants et saisissants du style Kutani aochibu.

Team MUSUBI·April 10, 2024
Swirling Elegance: The Artistic Mastery of Kutani Aochibu Style

L'art japonais du Kutani ware, reconnu pour ses motifs complexes et ses couleurs vives, possède une technique unique et fascinante appelée aochibu « points bleus ». Cette technique, profondément ancrée dans le riche patrimoine de la céramique japonaise, s'est perfectionnée au fil des générations, témoignant des compétences exceptionnelles des artisans Kutani. Dans cet article, nous explorons l'univers de l'aochibu, son histoire, ses techniques et sa place dans le Kutani ware.

Les origines de l'aochibu dans le Kutani ware

Le Kutani ware, originaire de la province de Kaga (aujourd'hui préfecture d'Ishikawa) au Japon, est réputé pour sa peinture sur glaçure, caractérisée par des couleurs éclatantes et des motifs complexes. La technique de l'aochibu est apparue comme élément décoratif dans le Kutani ware durant la période Taisho (1912–1926). Elle servait initialement de décoration mineure, souvent pour embellir les motifs sur les vêtements des figures peintes.

L'évolution de la technique

La technique de l'aochibu a été révolutionnée par l'artiste Kutani de deuxième génération, Nakada Kingyoku II. Il a transformé l'aochibu d'un élément décoratif secondaire en technique principale, en la combinant avec une autre méthode appelée morikin « or en relief ». Contrairement aux artistes précédents qui appliquaient l'aochibu en lignes droites (appelées « battement en bâton »), Nakada a développé une méthode où des points densément disposés forment des motifs tourbillonnants, un style nommé « battement en spirale ».
Des points blancs sont alignés en lignes droites comme motifs sur le kimono.

Les outils de l'aochibu

« Je ne presse pas la peinture. Le colorant liquide tombe naturellement de la pointe de l'outil icchin. » —Nakada Kingyoku III.

La technique de l'aochibu implique le placement minutieux de points minuscules et rapprochés pour créer des motifs détaillés. Ces points sont appliqués à l'aide d'un outil spécial appelé icchin, un instrument semblable à un stylo avec une pointe creuse. Contrairement à la décoration de gâteaux où la crème est pressée, dans l'aochibu, le pigment liquide tombe gracieusement de la pointe de l'icchin, contrôlé par la manipulation habile de l'artisan.

Créer les motifs tourbillonnants

« Je ne trace aucune marque au crayon. Une fois que je décide du point central du tourbillon, j'applique les points rapidement pour compléter le tourbillon d'un seul geste. »

La caractéristique de l'aochibu réside dans la création de motifs tourbillonnants, réalisés sans aucune esquisse préliminaire. L'artisan décide du point central du tourbillon puis applique rythmiquement les points autour de celui-ci, complétant le tourbillon en un seul mouvement fluide. Cela exige une immense habileté et précision, car les points doivent être uniformes en taille et en espacement, formant finalement les tourbillons fascinants.

Les points bleus sont disposés avec soin, formant pourtant un motif tourbillonnant

L'art de créer la peinture d'or en relief

Aux côtés de l'aochibu, la technique du morikin se distingue par son élégance et sa complexité. Le morikin, élément significatif dans l'artisanat traditionnel japonais, notamment dans le Kutani ware, implique un processus méticuleux de superposition et de décoration à l'or. Le morikin se caractérise par la création de motifs en relief sur la surface de la poterie. On y parvient en appliquant d'abord une couche épaisse d'un pigment rouge appelé bengara sur les zones du motif souhaité. Le bengara, pigment traditionnel japonais, est reconnu pour sa couleur rouge vive et constitue un élément clé dans la préparation de la base pour l'application de l'or. Une fois le bengara appliqué, il est ensuite soigneusement recouvert d'or. Le processus exige de la précision, car une application inégale du bengara peut conduire à une surface bosselée et non raffinée, nuisant à l'apparence finale de l'or.
L'un des aspects les plus exigeants du morikin est la manipulation du bengara et de l'or. Le bengara est un pigment délicat à travailler ; il peut facilement conduire à des lignes inégales ou à une surface texturée s'il n'est pas manipulé correctement. De même, l'application de l'or requiert un haut degré de compétence. L'or, matériau aux propriétés de glisse médiocres, demande une main experte pour obtenir une finition lisse et élégante. L'artisan de troisième génération, Nakada Kingyoku, reconnaît la complexité du morikin, soulignant la nécessité d'expertise et de précision dans son exécution. Dans le morikin, la qualité de la peinture d'or est primordiale. Les artisans utilisent de l'or 24 carats de Kanazawa, région célèbre pour sa production de feuilles d'or. L'or est méticuleusement broyé et préparé par les artisans eux-mêmes, garantissant la plus haute qualité et la finesse nécessaires aux détails complexes du morikin.

L'attention portée à la couche de base

« Si la peinture de base n'est pas bien appliquée, elle peut devenir inégale. S'il y a des zones inégales dans la base, alors la beauté des techniques aochibu et morikin ne ressortira pas. Par conséquent, nous ne pouvons pas nous permettre de négliger le processus d'application de la couche de base. »

Dans le Kutani ware, la beauté de l'aochibu est rehaussée par la couche de base. Nakada Kingyoku souligne particulièrement l'importance d'une base impeccable. Il utilise une sous-glaçure noire mate spéciale, un médium exigeant qui requiert de l'habileté pour être appliqué uniformément. Cette base lisse accentue la beauté des techniques aochibu et morikin.

Parce que la base est exempte d'irrégularités, la beauté des points et des motifs dorés en relief ressort magnifiquement.

L'héritage et l'avenir de l'aochibu

Le praticien actuel de cet art, Nakada Kingyoku de troisième génération, se consacre à préserver et faire évoluer cette technique unique. Il respecte les traditions transmises par ses prédécesseurs tout en cherchant à innover et créer de nouveaux styles dans le domaine du Kutani ware.

L'aochibu dans le Kutani ware est plus qu'une simple technique de décoration céramique ; c'est un hommage au riche patrimoine culturel du Japon et au dévouement inébranlable de ses artisans. Au fil des générations, cette technique a évolué, chaque artisan ajoutant sa touche unique tout en respectant l'héritage de ses prédécesseurs. Alors que l'aochibu continue d'enchanter par sa beauté délicate et sa complexité, il demeure une tradition vivante et vibrante, un joyau dans la couronne de la céramique japonaise.

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